Limousin
Le Limousin est une des 26 régions françaises composée des trois départements Corrèze, Creuse et Haute-Vienne. Situé presque en totalité sur le Massif central, au 1er janvier 2006, il regroupait 730 920 habitants sur près de 17 000 km2. Ses habitants sont appelés les Limousins.
Avec un peu plus de 730 000 habitants, c'est la deuxième région la moins peuplée de France métropolitaine après la Corse. De par son relief et son passé économique, elle reste assez isolée des axes de communication majeurs et des échanges, et sa démographie, bien qu'en amélioration depuis quelques années, est caractérisée par un taux de fécondité faible, et une mortalité élevée (taux national de personnes de plus de 60 ans le plus élevé).
Le Limousin est bordé par les régions Centre au nord, Poitou-Charentes et Aquitaine à l'ouest, Midi-Pyrénées au sud, et Auvergne à l'est.
Circonscriptions
Le Limousin compte au total 9 circonscriptions : 4 en Haute-Vienne, 3 en Corrèze et 2 en Creuse.
Terre de gauche, la "vague bleue" de 2002 avait entraîné l'élection de 4 députés de droite (UMP) contre seulement 2 en 1997. Le "ressac rose" de 2007 permet à 2 de ces circonscriptions (les mêmes qu'en 1997), de repasser à gauche. Ainsi, le Limousin est représenté à l'Assemblée nationale par 7 députés socialistes et 2 députés UMP.
Haute-Vienne
- 1e circonscription - Limoges-Centre
- 2e circonscription - Saint-Junien-Saint-Yrieix-la-Perche
- 3e circonscription - Bellac
- 4e circonscription - Saint-Léonard-de-Noblat-Eymoutiers
Corrèze
- 1e circonscription - Tulle
- 2e circonscription - Brive
- 3e circonscription - Ussel
Creuse
- 1e circonscription - Guéret-Bourganeuf
- 2e circonscription - Aubusson
Économie
Une économie de services
Les services représentent 63% des emplois. Les emplois dans la fonction publique et dans les services aux ménages ont permis de rattraper le retard de la région. Mais il existe un grave déficit pour les services aux entreprises. La région souffre du faible niveau de qualification, des salaires les plus bas (après la Basse-Normandie), d'une valeur ajoutée insuffisante, de capacités d’innovation restreintes, et d'un sous-encadrement (8% de cadres seulement).
Le Limousin reste une région relativement pauvre même si elle est soutenue par les régions les plus riches dans le cadre de l'aménagement du territoire national.
L'ouverture en 1992 de la Technopole ESTER, la création du pôle de Lanaud, et celle en 2005 de deux pôles de compétitivité à Limoges (Pôle européen de la céramique et Elopsys) montrent néanmoins l'intérêt et la volonté croissante d'inscrire la région au coeur des échanges intellectuels et physiques nationaux et internationaux.
Les réorientations agricoles et sylvicoles
Bois près de Nedde en Haute-Vienne
Son agriculture, bien que dynamique, reste fragile : en 15 ans, 36% des exploitations ont disparu, et les emplois agricoles régressent. La taille des exploitations a augmenté mais cela ne suffit pas à expliquer ces chiffres. On note l'arrivée d’exploitants étrangers (britanniques ou néerlandais) qui viennent redynamiser la région.
La tendance est à la spécialisation dans l’élevage bovin (86% des exploitations) au détriment des brebis allaitantes et des systèmes mixtes de culture-élevage. En 2005, la région compte plus de bovins (1,1 million) que d'habitants. La région développe des stratégies de labellisation des produits du terroir (comme les vaches limousines) et l'agriculture bio.
On ressent aussi la primauté de l'agriculture dans l'économie de la région par l'importance des industries agroalimentaires, premier employeur industriel de la région. Par exemple, les charcuteries Madrange à Limoges ou les aliments pour bébés Blédina à Brive…
Une industrie de PME diversifiée mais fragile
Le tissu de PME est très dense mais il existe très peu de grandes entreprises. Le niveau technologique est très inégal, les créations d’emplois sont limitées, le sous-encadrement reste trop important, et il n'y a que très peu d'exportations.
Les secteurs traditionnels connaissent de grandes difficultés : les secteurs du textile et du cuir ont perdu 50% de leurs effectifs en 10 ans. L'industrie de la porcelaine elle-même a des difficultés, certaines entreprises se tournent vers le luxe.
Mais la région connaît aussi des réussites industrielles comme la société Legrand, dont le siège social est resté à Limoges, alors que l'entreprise compte dans les premiers rangs mondiaux du petit appareillage électrique. Dans le secteur automobile, on note la présence de Renault Trucks (poids lourds) et de Valéo (équipements).
La région conserve tout de même une certaine autonomie décisionnelle : seuls ¼ des sièges sociaux sont externes à la région. Mais la mondialisation se fait sentir par l'acquisition de firmes régionales par des investisseurs étrangers (International Paper, Electrolux, Smurfit, Degussa…). Les entreprises régionales les plus dynamiques, quant à elles, s’éloignent de plus en plus de la région.
La restructuration de l’industrie de l’armement qui représentait 20 % des emplois en Corrèze affaiblit aussi le secteur secondaire de la région.
Tourisme
La région Limousin n'est pas connue comme étant une région vivant essentiellement du tourisme. Situé plutôt en retrait des grands axes de communication, ou simplement traversées par les voies utilisées par les vacanciers pour se rendre à la montagne (Paris-Toulouse ou Atlantique-Massif central) et à la mer (Est-Ouest), le Limousin n'a jamais connu l'arrivée de grandes vagues de touristes.
Cette particularité est vraisemblablement du à l'isolement géographique, à la méconnaissance occasionnée par un siècle de difficultés démographiques et économiques , qui a elle-même engendré une connotation péjorative du lieu, et aussi au fait que contrairement aux régions voisines, il n'y ait pas de « grands sites » fédérateurs de masses de visiteurs, des vestiges gallo-romains (contrairement au Languedoc-Roussillon ou à Provence-Alpes-Côte d'Azur par exemple), des curiosités géologiques majeures (contrairement à Midi-Pyrénées par exemple), ou des manifestations médiatisées nationalement (contrairement à l'Auvergne et à Poitou-Charentes). Ainsi le Limousin a continué de vivre de clichés (porcelaine, absence d'urbanisme, ...).
Ces critères sont cependant depuis une quinzaine d'années mis à mal par la construction d'axes de transports (en particulier l'A20 et l'A89, et prochainement la LGV Poitiers-Limoges. L'arrivée de britanniques a permis de moderniser et de relancer la croissance de l'aéroport de Limoges-Bellegarde et de lancer la construction de l'aéroport de Brive - Souillac. Le Limousin se construit une image plus juste et plus moderne, tout en conservant et mettant en valeur ses caractéristiques.
La démographie s'en est trouvée relancée, depuis l'an 2000, avec un gain d'habitant constant, chaque année.
Le tourisme se développe, concentré autour de deux intérêts majeurs :
- le tourisme vert, basé sur les sports de plein-air, les randonnées, la découverte des espaces naturels. Ce secteur d'activité touristique a pris naissance autour de la promotion des gîtes ruraux et des espaces de baignade, et est particulièrement actif sur le plateau de Millevaches, le sud de la Haute-Vienne et le bassin de Brive.
- le tourisme culturel et patrimonial, basé sur les sites historiques, les sites de mémoire, le patrimoine industriel et artisanal (porcelaine, émail, tapisserie, ardoise, tuileries, ganterie, ...), concentré dans divers sites particuliers et dans les villes.
L'activité touristique a également profité de la création assez récente de deux parcs naturels régionaux : le parc naturel régional Périgord Limousin, créé en 1998, à cheval sur les départements de Dordogne et de Haute-Vienne, et le parc naturel régional de Millevaches en Limousin, créé en 2004, dont le territoire est situé sur les 3 départements de la région.
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